Symptômes de la dépression

La maladie dépressive atteint l’homme et non l’organe. Le comportement habituel du patient cède la place à un autre type de fonctionnement : le comportement dépressif.

Les symptômes fondamentaux sur lesquels s’appuie aujourd’hui le diagnostic de dépression sont les suivants :

Symptômes psychologiques

Tendance à l’inertie

La capacité du déprimé à engager une action est largement entravée. La  » mise en route  » matinale, par exemple, est difficile. Le temps nécessaire à l’accomplissement de gestes habituels s’allonge. Tout travail devient pesant et demande une attention nouvelle, épuisante venant au détriment des ressources en énergie du sujet, dont l’élocution ralentit jusqu’à ne plus être que l’équivalent vocal d’une démarche traînante. L’activité quotidienne se désorganise progressivement venant ainsi renforcer le sentiment d’incapacité.

Le rapport au plaisir

Etonnamment, on constate :

  •  Soit que le déprimé est dans l’impossibilité de ressentir réellement les événements qui affectent sa vie. Il n’éprouve plus ni plaisir, ni déplaisir et semble indifférent aux gens et aux choses comme s’il était séparé du monde et abrasait toutes ses émotions. Certains disent  » qu’ils ne savent plus aimer « , que  » leurs proches leur sont indifférents  » ou  » qu’ils perdent leurs sentiments « .
  •  Soit au contraire une hypersensibilité, les événements quels qu’ils soient le touchant de façon excessive et négative, comme s’il avait la propriété de teinter chaque chose de désespoir, rendant tout insupportablement triste. Ainsi, même les joies de l’existence le font pleurer de chagrin et il n’est plus capable d’en tirer le plaisir escompté.

La perturbation du processus de pensée

L’efficience cérébrale est affectée. On note un ralentissement de l’enchaînement des idées , un affaiblissement de la mémoire, des difficultés de concentration. Le déprimé éprouve fréquemment un sentiment de  » vide dans la tête « .

Lorsque la pensée s’emballe, elle  » tourne en rond  » autour d’un thème forcément douloureux. Il  » rumine  » des pensées tristes et a fortiori négatives quant à sa propre personne, au monde et à l’avenir.

Passé, présent et futur sont frappés du même sceau négatif et douloureux. Si le déprimé parvient à anticiper l’avenir, ce n’est que pour en donner une représentation sombre ; incapable d’imaginer une amélioration de son état, il projette dans le futur l’image actuelle qu’il se fait de lui-même teintée de désespoir. Cette incapacité à penser le bonheur conduit naturellement le déprimé à vouloir mettre fin à ses jours.

Les troubles de la personnalité

Le déprimé ressent une double incapacité, la sienne en premier lieu, car il s’estime inutile, indigne,  » pas à la hauteur « , s’adressant de fait les pires reproches. L’entourage peut, en second lieu, lui aussi être perçu comme incapable : dans ce cas de figure, le déprimé camoufle (toujours de façon inconsciente) le fait d’avoir perdu l’estime de soi par des revendications formulées à l’égard de ses proches qu’il juge responsables de son malheur. Il est d’ailleurs à préciser que la demande affective adressée à l’entourage est souvent considérable. Le déprimé devient hostile, irritable et parfois violent. Se sentant coupable de son agressivité, cela peut, là encore, induire des conduites suicidaires, des troubles du comportement alimentaire (il mange trop ou trop peu) ou d’autres comportements addictifs (achats compulsifs, jeux pathologique, auto-mutilations, sexualité compulsive, toxicomanies, alcoolisme).

Symptômes physiques (ou somatiques)

Ils sont toujours au premier plan de la dépression dite  » masquée « .

Les signes généraux

  • La fatigue (asthénie) est présente dans plus de 90 % des cas, et cette fatigue très caractéristique, est une fatigue matinale. Les déprimés se lèvent fatigués, leur nuit de repos, bonne ou mauvaise, n’a servi à rien. Cette fatigue va aller en s’estompant au cours de la journée mais elle est accompagnée de  » coups de pompe  » brutaux, avec une sensation d’anéantissement total.
  • Parmi les autres signes généraux, on note des troubles de la régulation thermique : frilosité et/ou bouffées de chaleur ainsi que très fréquemment des troubles des conduites alimentaires : anorexie ou boulimie.
  • Les rythmes physiologiques, et notamment le sommeil, sont perturbés par la maladie. Le déprimé se réveille vers deux ou trois heures du matin et éprouve des difficultés à se rendormir. Lorsqu’il finit par se rendormir, il fait des cauchemars épouvantables avec souvent des rêves de chute. Surtout, il se réveille trop tôt par rapport à son horaire habituel. Même lorsque le sommeil est quantitativement peu altéré, sa qualité est médiocre : il perd ses vertus réparatrices et le sujet a le sentiment de se réveiller aussi fatigué qu’il s’était couché.

Lorsque la dépression s’accompagne d’une anxiété élevée, une insomnie d’endormissement vient s’ajouter aux troubles déjà décrits.

Grâce à des enregistrements électroencéphalographiques réalisés au cours de la nuit, on a mis en évidence de profondes altérations dans les stades successifs du sommeil.

Chez un individu normal, le sommeil comporte quatre stades et une phase dite paradoxale, qui se succèdent régulièrement. Chez le déprimé, ce rythme est perturbé : on a notamment constaté un temps de latence dans l’apparition de la première phase de sommeil paradoxal, qui se trouve aussi très raccourcie. Il est possible que ce délai soit en rapport avec l’impression d’avoir mal dormi et d’avoir eu des rêves nombreux et pénibles.

Les signes de localisation

Douleurs chroniques
Ce sont des douleurs sans cause véritable ou dont la cause paraît trop minime pour rendre compte de la persistance des troubles :

  •  douleurs de la colonne vertébrale au niveau du cou, du dos et surtout de la région lombaire, sans lésions rhumatologiques en évolution. Elles peuvent être déclenchées par un traumatisme minime qui crée une contracture des muscles paravertébraux qui sera entretenue par le cercle douleur/anxiété ;
  • douleurs musculaires diffuses ;
  • douleurs faciales et dentaires.

Signes vasomoteurs

Ils sont liés à des spasmes des vaisseaux sanguins. Au premier rang, les maux de tête (céphalées) qui peuvent prendre tous les types : en casque ou localisés, rétro-orbitaires, frontaux, migraines vraies localisées sur un côté de la tête. Ils sont permanents ou surviennent par crises.

Les lipothymies ou pertes de connaissance brèves précédées d’un malaise intense avec parfois oppression thoracique, fourmillement des doigts et de la bouche. Ces sujets tombent  » dans les pommes  » facilement, mais leurs malaises peuvent ne pas aller jusque-là.

Il existe aussi des sensations vertigineuses et des vertiges, des sensations de brouillard et de flou visuel, d’instabilité à la marche, des signes d’hypotension orthostatique (malaises aux changements brusques de position), des troubles vasomoteurs des extrémités allant du refroidissement banal au syndrome de Raynaud (doigts qui deviennent blancs et insensibles au froid).

Signes d’hyperexcitabiltié neuromusculaire

Eux aussi sont liés à l’anxiété :

  • crampes musculaires ;
  • fourmillements (paresthésies) des mains et des pieds ;
  • fourmillements autour de la bouche ;
  • fourmillements de la gorge (paresthésies pharyngées) ;
  • myoclonies (tressautements musculaires involontaires) ;
  • clonies palpébrales (paupières qui sautent ou frétillent).

Signes viscéraux

Ils atteignent les organes profonds et peuvent toucher :

  • l’appareil cardio-vasculaire : palpitations, tachycardie, douleurs et oppression thoracique ;
  • l’appareil digestif : troubles digestifs divers, pseudo-gastritiques, pseudo-biliaires, pseudo-colitiques, constipations ;
  • l’appareil respiratoire : oppression respiratoire pseudo-asthmatique, ou encore sensations de striction laryngée et difficultés de déglutition dont parlent souvent ces malades.

Signes dermatologiques

La peau constitue un des lieux privilégiés où se manifestent les relations entre le physique et l’humeur. Une dépression masquée peut être présente dans bon nombre de troubles divers du revêtement cutané. En effet, la peau participe à l’expression des émotions : on rougit de honte, on devient blanc de colère, on transpire de peur…

De plus, elle exerce un rôle symbolique protecteur représenté par la  » frontière  » avec l’extérieur et est aussi, sans doute, liée au souvenir de la sécurité apportée par la mère.

Un des symptômes les plus fréquents est le prurit, c’est à dire des démangeaisons persistantes accompagnées du besoin continuel de se gratter. Ce type de prurit est très souvent pur, sans manifestations cutanées objectives et peut toucher l’ensemble du corps.

Autres atteintes comportant la présence de lésions dermatologiques objectives :

  • le rougissement chronique
  • les troubles du fonctionnement des glandes sudoripares (transpiration profuse des extrémités)
  • les récidives de poussées d’herpès (dermatose virale) en rapport avec de grandes émotions ;
  • les furonculoses (dermatoses microbiennes) souvent associées à des états dépressifs francs ou larvés ;
  • eczéma et urticaire (dermatoses allergiques) ;
  • psoriasis (lésions aux coudes, genoux, cuir chevelu, parfois tout le corps) en rapport avec des désordres immunitaires et dont les poussées sont contemporaines d’états pathologiques de l’humeur anxieuse et/ou dépressive ;
  • Maladies du cuir chevelu (en dehors de leurs composantes endocriniennes).
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