La crise d’angoisse

Nommée également « attaque de panique » ou plus spécifiquement « névrose d’angoisse », elle se traduit par l’installation brutale – sans circonstance déclenchante – d’un état d’anxiété intense.

Cet état va souvent de pair avec une peur de mourir de façon imminente ou de perdre la raison ; parfois la conscience de l’individu est défaillante, au point qu’il ne sait pas qui il est ou en quel endroit il se trouve.

Cette angoisse s’accompagne d’une oppression thoracique et d’un resserrement épigastrique et laryngé très caractéristique (sensation de boule dans la gorge).

Le mot angoisse (du latin angustiae, étroitesse, resserrement ; Angst en allemand) fait précisément ressortir la gêne, l’étroitesse de la respiration au moment où se produit l’accès.

Peuvent s’ajouter à ces symptômes un tremblement, des palpitations, une augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle.

Cet état intense d’anxiété peut devenir chronique ou généralisé. Il correspond alors à un sentiment durable de tension interne, de peur et d’insécurité qui perturbe la vie sociale du sujet en l’empêchant de se concentrer et de continuer à nouer des relations avec son entourage.

Le traumatisme de la naissance : prototype de toutes nos angoisses ?

D’Otto Rank à Freud, nombreux sont les auteurs qui considèrent que l’expérience que le nouveau-né fait du traumatisme de la naissance est à l’origine de l’angoisse névrotique de l’adulte.

Jusqu’au moment de la naissance, le bébé se trouve dans un état de plénitude. C’est le bonheur utérin, l’union primale. Tous les besoins sont satisfaits : le bébé se sent rattaché.

Il vient de passer neuf mois de sa vie dans un milieu liquide, maintenu de toutes parts par la pression amniotique, sans être soumis à la pesanteur.

Au moment de la naissance, les contractions utérines sont telles qu’elles le mettent dans un état de contrainte extrême.

Puis, il s’engage dans le canal utérin où, là encore, la pression physique est considérable, avec certainement un sentiment très fort de suffocation. Il lui faut donc livrer bataille pour sa survivance.

Dernière étape, celle de la naissance à proprement parler, où il est d’un coup projeté dans le monde aérien, à la manière d’un astronaute qui aurait perdu sa combinaison spatiale.

Il s’agit là d’une chute dans un vide angoissant qui ne prendra fin que lorsqu’il aura perçu, dans un futur encore bien lointain, le sens intime de sa peau et de ses limites corporelles propres. Dans l’intervalle, c’est le contact et la chaleur du corps maternel qui reconstitueront l' » enveloppe de suppléance  » la plus proche de l’état antérieur.

Le cordon ombilical coupé, le bébé se trouve pour toujours séparé de ce qui l’englobait (c’est le  » paradis perdu « ). Désormais, le voilà pris en charge de l’extérieur et non plus de l’intérieur, coupé de ce qui le contenait, le nourrissait, le réchauffait.

De cette étape, on ne se remet pour ainsi dire jamais. Cet état d’angoisse, de détresse psychique, de séparation, nous le revivons tous, à des degrés différents, dans notre vie de tous les jours.

Pascal Couderc

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