Drogues et toxicomanies : les produits

Les produits

Les DROGUES, leurs effets, leur histoire

Sommaire

  • Les Opiacés , l’Opium, la Morphine, l’Héroïne.
  • La Cocaïne et le Crack.
  • Le Cannabis
  • Les drogues d’aujourd’hui : L’Ecstasy, le LSD, les amphétamines, le GHB, la Kétamine, les gaz hilarants.

Autres, toujours d’actualité: Peyotl et Mescaline, champignons, solvants.

LES OPIACES

  • l’OPIUM

L’opium est le suc provenant de la capsule du pavot. Il contient de nombreuses substances actives appelées  » alcaloïdes : morphine (10 % environ), papavérine codéine, etc.

L’opium est fumé ou avalé sous forme de boulettes ou encore de préparations pharmaceutiques.

Des origines au début du XIXe siècle

Il est considéré que l’origine et l’usage de l’opium se situe dans les plaines de Mésopotamie 3000 ans, avant J-C.

Sous Ramsès II, treize siècles avant J-C, il y est fait référence en précisant une indication : « les enfants qui crient trop fort ».

Les civilisations avancées de l’antiquité l’ont utilisé très précocement puisque, outre les Égyptiens, les Grecs et les Romains en ont parlé, et que de nombreux objets retrouvés dans tout le Bassin méditerranéen s’ornaient de représentations du pavot blanc.

Notons que Morphée a prêté son nom au premier alcaloïde extrait de l’Opium au début du XIXe siècle (la morphine). Dans la mythologie grecque Morphée était le Dieu des Songes, fils de la Nuit et du Sommeil.

Dans l’antiquité romaine l’usage de l’opium est bien connu ; DIOSCORIDE,( 77 après J.-C.), parle avec précision du suc obtenu par incision des capsules de pavot et nommé en tant que tel alors « opium ».

Durant le Moyen Âge, les médecins arabes diffusent largement l’opiophagie et l’on retrouve mention de l’opium dans toutes les pharmacopées du Moyen-Orient et du Maghreb.

AVICENNE, célèbre médecin et philosophe arabe, mourut d’ailleurs intoxiqué par l’opium en 1037 en Perse.

En 1660 c’est à un médecin anglais, Thomas de SYDENHAM, que l’on devra une préparation encore prescrite aujourd’hui le célèbre « laudanum® de SYDENHAM « . ( une teinture d’opium safranée ). Cette préparation était employée comme sédatif de la douleur ou comme antispasmodique. Elle reste employée de façon occasionnelle en psychiatrie.

Composition :

Poudre d’opium officinal………… 110 g

Safran incisé . ….. . .. .. … . 50 g

Alcool à 30° ………………..920 g

Du début du XIXe siècle à nos jours

Les guerres de l’opium

On sait que le pavot était connu en Chine et qu’il en était fait un usage médicinal.

L’introduction du tabac dans cette région du globe par des marins hollandais et portugais au XVIe siècle, aura pour conséquence que l’opium y sera de plus en plus fumé.

A partir de la fin du XVllle siècle, les anglais, ont au Bengale le monopole de la production d’opium.

En Chine où ils possèdent aussi des colonies, l’argent métal constitue la base du système monétaire chinois. Or, pour les anglais, un excellent moyen d’obtenir de l’argent est de vendre de l’opium aux Chinois eux-mêmes.

Pour illustrer l’ampleur du problème, citons deux chiffres sur l’évolution des importations d’opium en Chine : elles passent de 300 tonnes en 1821 à près de 3 000 tonnes en 1848.

II y a un nombre croissant d’intoxiqués dans les diverses catégories sociales chinoises, notamment chez les militaires.

Ces éléments, joints aux difficultés économiques, pousseront la Cour impériale à réagir de plus en plus énergiquement, ce qui débouchera sur les 3 guerres de l’opium .

Elles vont se dérouler entre 1839 et 1858.

Deux ans pour la première et quelques mois pour la dernière à laquelle les Français participent. Chaque fois, les Chinois peu adaptés à ces types de conflits vont subir les conditions des vainqueurs.

Au total, la Chine devra payer de lourdes indemnités, ouvrir plusieurs ports au commerce extérieur, et tolérer le christianisme sur toute l’étendue de son territoire.

Paradoxe final, le nombre de Chinois intoxiqués qui était probablement d’environ deux millions en 1850 sera estimé à cent vingt millions en 1878, et, au début du XXe siècle, la Chine sera devenue le plus grand producteur mondial d’opium.

L’opium en Occident

Le goût pour le  » laudanum®  » est très important en Angleterre depuis déjà un certain temps au début du XIXe siècle.

Les pharmaciens anglais en délivrent beaucoup.

Les ouvriers l’absorbent souvent pour rendre tolérable leur harassante vie quotidienne dans l’univers industriel naissant.

Notons qu’en 1804 Thomas de QUINCEY publiera un livre entièrement consacré à son expérience : »Les confessions d’un mangeur d’opium ».

Il y décrit les diverses phases de l’intoxication, de « la lune de miel  » à la  » lune de fiel « , la tyrannie de la dépendance et les difficultés du sevrage.

Un autre type de médication que les comprimés d’opium et de laudanum de Sydenham a vu le jour dans sa première formule en 1837 : « l’élixir parégorique® « .

L’élixir parégorique® ou teinture d’opium benzoïque (antidiarrhéique) est fréquemment détourné de son emploi par les sujets dépendants. Il est 20 fois moins concentré en morphine que la teinture d’opium safranée.

BAUDELAIRE écrira un certain nombre de textes relatifs à l’opium et au haschich, ils constitueront « Les Paradis artificiels ».

C’est à partir de 1900 et en rapport avec les conquêtes coloniales françaises de l’Asie du sud-est que, l’opium, cette fois fumé, reviendra au devant de la scène.

Sous cette forme, l’intoxication concernera les officiers de marine, les milieux littéraires et de la bourgeoisie.

A Paris, à Toulon et dans la plupart des grands ports français, les fumeries se comptent par centaines (en 1905 on en dénombre 200 à Toulon).

Les fumeries parisiennes sont des lieux très privés, fréquentés par des gens célèbres ou qui le deviendront : APOLLINAIRE, Henry BATAILLE, MODIGLIANI, Alfred JARRY, TOULOUSE-LAUTREC, PICASSO, entre autres.

Les lois interdictrices de l’import de l’opium firent disparaître en quelques années les fumeries. Ces disparitions ont été probablement accélérées, surtout dans les ports, par l’action des cafetiers qui ont fait pression dans le dessein évident de récupérer une clientèle.

En 1929 Jean COCTEAU écrit un livre intitulé : « Opium », évoquant les subtilités de son usage et décrivant avec précision sa désintoxication.

Il fut l’un des rares écrivains a décrire directement et en détail les sensations éprouvées lors du sevrage.

En Occident l’usage de l’opium, peu courant aujourd’hui va dès lors être remplacé par des alcaloïdes extraits et des produits de synthèse.

Il n’en sera pas de même en Orient ou dans des pays comme la Turquie et l’Iran où l’opiophagie se poursuit de nos jours.

  • LA MORPHINE

La Morphine est l’extraction du principal alcaloïde de l’opium.

Découverte au début du XIXè siècle, elle fut présentée initialement comme une panacée universelle, à une époque où la médecine ne disposait pratiquement d’aucune thérapeutique efficace.

Son usage ne prendra de dimension que grâce à l’invention de la seringue, vers 1850.

De plus en plus utilisée à partir des années 1860 dans les hôpitaux, la morphine sera d’une grande utilité pour les chirurgiens lors de la guerre de Crimée, de la Guerre de 1870 et sur d’autres champs de bataille.

Une utilisation énorme en sera faite tant pour ses propriétés antalgiques que pour lutter contre la fatigue et la dépression.

Mais, revers de son efficacité et de sa rapidité d’action, l’utilisation abusive de la morphine va s’étendre rapidement pendant et après ces guerres, elle va remplacer très rapidement le laudanum®.

En dehors du monde médical et paramédical qui constituera longtemps un des milieux les plus touchés c’est dans les milieux bourgeois et littéraires que les adeptes de la  » fée grise » vont se multiplier.

En France, en dehors de la cocaïne, la morphine était l’alcaloïde préférentiellement utilisé depuis le début du siècle.

On a évalué à 50 000 le nombre de morphinomanes français dans les années précédant la guerre de l914.

Cette consommation était de façon prépondérante d’origine thérapeutique et se cantonnait toujours aux mêmes milieux : intellectuels, artistiques, de la prostitution, de la couture et surtout médicaux.

Dans l’Encyclopédie médicale Quillet de 1936 on trouve cette phrase : « la morphine, cet alcool des riches ».

Ceci n’est pas sans évoquer les ravages dus à l’absinthe (Liqueur alcoolique, obtenue par macération d’un mélange de plantes : anis, fenouil puis distillation) à l’autre extrémité de l’échelle sociale. On peut en voir une illustration dans le tableau : « l’absinthe » de Edgar Degas (1875) au musée d’Orsay.

Il semble d’ailleurs qu’il y ait eu plus de femmes morphinomanes que d’hommes.

« La lutte » d’Alphonse DAUDET parue en 1907 donne une description presque clinique de l’intoxication avec précision et finesse.

Déjà à cette époque on propose des cures de sevrage de la morphine et c’est à cette période que le premier traitement de substitution de l’histoire va être préconisé grâce à une invention qui fera beaucoup parler d’elle depuis : « l’héroïne ».

  • L’HEROÏNE

Produit semi-synthétique; il suffit de di-acétyler la morphine pour l’obtenir; l’héroïne a vu le jour en Angleterre en 1874. C’est le produit de prédilection de la plupart des toxicomanes aux opiacés.

Elle se présente sous forme de poudre (blanche ou brune).

Son action analgésique est mise en évidence à partir de 1890; son indication était les maladies pulmonaires, notamment la tuberculose.

Elle était décrite comme une médication énergique (« heroisch » en allemand d’où son nom français d’héroïne).

Très rapidement, on va se rendre compte de tout le profit que l’on peut tirer de son utilisation pour  » guérir « , pense t-on, les morphinomanes.

Dès 1900, un journal médical souligne : « l’héroïne remplaçant la morphine : plus de toxicomanes ».

Vers 1913, on estimait à New York que 98% des toxicomanes utilisaient de l’héroïne.

Il faut ajouter qu’entre 1920 et 1924 il existait plus d’une quarantaine de cliniques proposant des « maintenances » à l’héroïne.

En fait, le plus puissant des produits dits toxicomanogènes commence sa carrière.

Il ne sera retiré de la pharmacopée française qu’en 1970 (décret du 6 février).

Son usage médical en France était, bien avant cette date, tombé en désuétude.

Quelques pays d’Europe occidentale, dont la France, la Belgique et le Royaume- Uni, sont restés jusqu’aux années soixante producteurs et exportateurs d’héroïne.

Il faudra attendre les années Soixante aux U.S.A. et soixante-dix en France pour que l’héroïnomanie intraveineuse prenne l’ampleur qu’on lui connaît.

Quelques caractéristiques des opiacés :

  • ils sont considérés comme entraînant à la fois une dépendance physique et une dépendance psychique.
  • la dose d’opiacé mortelle pour un individu recule avec le phénomène de tolérance; ainsi, un sujet toxicomane pourra arriver à absorber une dose lOO fois supérieure à celle d’un non toxicomane.
  • Voir l’empereur romain qui pour se prémunir d’un empoisonnement avalait chaque jour un peu plus une dose de poison.

INTOXICATION AIGÜE

Pour le sujet venant de s’injecter de l’héroïne il y a : analgésie, euphorie ou état stuporeux. Surtout ce qui est recherché par les toxicomanes : le  » flash « , sensation brutale comparée à un orgasme généralisé au niveau du corps, avec sensation de plaisir de durée variable: 8 heures avec la morphine, 4 à 5 heures avec l’héroïne).

Les autres symptômes : dépression respiratoire (jusqu’à l’arrêt respiratoire) constipation, nausées, vomissements, myosis,(rétrécissement de la pupille, comme sous l’effet du soleil).

LE SEVRAGE

C’est le « manque  » à l’arrêt de la drogue.

Il survient entre 8 à 12 heures après la dernière injection.

L’action des Endorphines.

Au début, anxiété bâillements, nervosité puis, sueurs, écoulement nasal et lacrymal. Viennent ensuite, mydriase, (dilatation anormale et persistante de la pupille ) piloérection, tremblements, sensation de  » chaud et froid « , douleurs musculaires.

Après le premier jour d’abstinence, les symptômes sont maximum : douleurs diffuses (lombaires et abdominales surtout) vomissements, diarrhée, insomnie, agitation, et angoisse.

Après le troisième jour, les symptômes somatiques diminuent progressivement et disparaissent en une semaine environ. Bien entendu le « manque » physique est étroitement imbriqué avec le « manque  » psychique, ce qui complique ce déroulement un peu idéal dans sa présentation.

On compte environ 300 000 toxicomanes en France dont 150 000 sont héroïnomanes.

Les ¾ environ sont des hommes.

Ce sont les patients qui consultent le plus souvent dans les centres de soins car il y a une dépendance physique importante en plus de la dépendance psychique.

Les accidents de surdosage (overdose)

En 1995 on comptait 500 morts par overdose par an en France, aujourd’hui moins de 100.

Par comparaison l’alcool tue 60 000 personnes par an soit par maladies soit par accidents de la route.

  • LA COCAÏNE.

La feuille de coca, issue d’un petit arbuste pousse principalement dans les montagnes des Andes, à une altitude peu élevée. Elle est principalement cultivée en Bolivie, Colombie…

Des origines à la conquête espagnole

L’histoire de la coca remonte dans certaines régions de l’Amérique latine jusqu’à 2000 à 2500 ans avant J.-C.

L’usage de la coca peut s’expliquer par le caractère difficile des conditions de vie des indigènes, qui ne connaissaient, avant l’arrivée des Espagnols, ni le cheval, ni l’élevage, ni même la roue, bien qu’ils aient pu mener à bien des réalisations impressionnantes.

Apportant ainsi l’endurance et la force, permettant de supporter le froid, la maladie et la fatigue, la feuille de coca faisait le lien entre la santé et le plaisir et il n’est pas étonnant qu’elle fût l’objet d’un culte.

Les Incas avaient placé la coca au centre de leur système social et religieux.

Le contrôle absolu de cet usage restrictif peut avoir joué un rôle de protection contre l’abus de son utilisation mais aussi celui d’un procédé garantissant les pouvoirs divins de la classe dirigeante.

Amérigo Vespucci a été le premier Européen à décrire la consommation de la coca, en débarquant sur l’île de Margarita, au large des côtes du Venezuela en 1499.

En Europe : La cocaïne dans la thérapeutique

La cocaïne fut le dernier des grands alcaloïdes du XIXe siècle à être isolé.

Un des objectifs principaux de la recherche médicale étant de supprimer la douleur, il n’est donc guère étonnant que la cocaïne obtienne très rapidement une place égale à celle de l’opium et de la quinine dans la pharmacopée.

Carl KOLLER devait découvrir les propriétés anesthésiantes de la cocaïne.

Il remarqua que celle-ci provoquait l’insensibilisation de la langue et réalisa soudain que cette propriété pouvait être utilisée en chirurgie oculaire.

En 1884 FREUD publia le premier des cinq articles qu’il devait écrire sur la cocaïne : « Uber Coca ».

Parmi les premiers à effectuer des recherches sur la cocaïne, il en décrit les effets stimulants et en recommande l’utilisation dans de multiples cas.

Il en justifie l’emploi comme anesthésique local, et surtout dans la cure de sevrage des morphinomanes et des alcooliques.

L’entrée de la cocaïne dans le domaine thérapeutique, sous la forme d’injections sous-cutanées, voie d’administration la plus courante à l’époque, fit beaucoup pour sa renommée de remède et, par-là, détermina son abus potentiel.

Le docteur A. CONAN DOYLE, ophtalmologiste, mentionna l’usage de la cocaïne pour son personnage, le célèbre détective Sherlock Holmes, dès 1886.

Ce dernier pratiquait l’injection intraveineuse de la fameuse solution à 7 % avec une élégance raffinée. Son créateur en était d’ailleurs lui-même usager.

Cependant la cocaïne en prise nasale constituera rapidement un mode d’introduction dans l’organisme largement répandu dans la mesure où il ne nécessitait pas l’utilisation d’un matériel spécifique et permettait une certaine discrétion en ne laissant pas de traces de piqûres.

Ce mode d’administration contribua beaucoup a la diffusion dans toutes les couches sociales de l’usage de la cocaïne en poudre.

La cocaïne au XXe siècle

Le succès de la cocaïne, secondaire à celui de la morphine en tant que drogue de plaisir s’émailla d’incidents divers tels que les ulcérations nasales, l’insomnie ou la malnutrition mais aussi de cas de paranoïa.

Coca et cocaïne furent classés dans les stupéfiants et interdits aux U.S.A. ouvrant par-là la porte au trafic.

Le trafic alimenta la consommation clandestine au-delà de la Seconde Guerre mondiale qui vit les amphétamines et les morphiniques synthétiques remplacer l’usage de la cocaïne quand son approvisionnement fut interrompu par les conflits.

Depuis l’après-guerre, un usage plus discret se poursuivait parmi les artistes et les musiciens, dans la jet society et les milieux de créations.

Depuis 1970, on a vu s’accroître régulièrement la consommation de la cocaïne, souvent associée à des morphiniques, dans toutes les couches de la société en Occident.

Les signes cliniques

D’une façon générale, la consommation de cocaïne se traduit par une tachycardie, une dilatation pupillaire (mydriase), une hypertension artérielle, des sueurs avec frissons, des nausées et parfois des vomissements, sur fond d’agitation psychomotrice avec parfois confusion mentale.

L’abus de cocaïne

L’alcool est le produit le plus utilisé pour éviter les effets secondaires de la cocaïne.

Les prises d’alcool s’intensifient à la fin de la journée car chacun appréhende la « descente  » de la coke et essaie de retarder l’échéance d’où le « cercle infernal  » : les prises se rapprochent et les quantités d’alcool atteignent des proportions démesurées. C’est dans ces conditions que peuvent apparaître les symptômes d’un pré D.T. (Delirium Tremens) attribué à l’alcool alors que l’intoxication alcoolique s’avère en réalité secondaire par rapport à l’intoxication cocaïnique.

Lorsque l’abus, chez l’usager provoque des troubles, c’est l’intensité et la gravité de ceux-ci qui déterminent le type de suivi et d’aide recherchée : le cabinet de médecine générale quand il s’agit d’atténuer l’anxiété, l’insomnie, l’épuisement physique et psychique ; l’hôpital psychiatrique quand les troubles rappellent un tableau de psychose aiguë : état paranoïde, délire, hallucinations, troubles du comportement avec agitation, agressivité, idées suicidaires, etc.

Beaucoup de consommateurs de cocaïne ne sont pas demandeurs de soins et, quand ils le sont, s’adressent plutôt à la médecine libérale.

Notons le « Speed-ball » : cocaïne et héroïne par voie intraveineuse.

Commentaire d’un usager : « le shoot est bien meilleur, la cocaïne s’ajoute au piquant de la défonce »

Les héroïnomanes parlent peu de leur consommation de cocaïne même si elle est importante. Ils viennent demander une aide pour une autre consommation qui leur , pose problème : celle des opiacés.

En fait l’utilisation de l’héroïne évite la torturante dépression qui s’empare du toxicomane lors de la « descente de la coke ».

Manifestations somatiques et neurologiques : La cocaïne provoque :

  • Nécroses de la cloison nasale chez les usagers.
  • Une contraction de la plupart des vaisseaux sanguins. Les tissus, insuffisamment irrigués, s’appauvrissent et, par conséquent, se nécrosent. C’est souvent le cas de la cloison nasale avec des lésions perforantes chez les usagers réguliers.
  • Des troubles du rythme cardiaque. Ils peuvent être à l’origine d’accidents cardiaques, notamment chez des personnes fragiles et/ou qui consomment de fortes quantités de tabac. D’autant que la consommation de tabac, comme celle de l’alcool, est souvent augmentée lors des prises de cocaïne.
  • Risques d’infarctus. 7 décès par surdose recensés par les services de police en 1999.

La cocaïne abaissant le seul épileptogène, des convulsions sont fréquentes et peuvent survenir même au décours d’une administration unique.

Manifestations psychiques :

La cocaïne est un psychostimulant puissant.

Lors d’un usage occasionnel, le consommateur ressent une sensation d’euphorie, de bien- être, de facilitation relationnelle, d’accroissement de la vigilance avec insomnie et anorexie.

Cette phase d’excitation psychique s’accompagne de perturbations de l’humeur, d’une sensation subjective d’amélioration des performances physiques, avec augmentation de la force musculaire, diminution de la sensation de fatigue, diminution de l’appétit et du sommeil, logorrhée, sudation, douleurs musculaires. Leur arrêt se traduira par une anxiété, voire une dépression incitant le sujet à reprendre du produit.

Une autre caractéristique de la cocaïne est de lever les inhibitions, ce qui peut conduire à commettre des actes de violence, des agressions sexuelles, des dépenses compulsives, etc. La sensation de « toute-puissance » entraînée par la cocaïne en fait un produit qui risque d’engendrer des passages à l’acte.

Par ailleurs, les matériels utilisés pour « sniffer » peuvent transmettre les virus des hépatites A, B et C, s’ils sont partagés entre plusieurs usagers. En cas d’injection, le matériel partagé peut transmettre le virus du sida.

Cependant, aucune étude ne prouve aujourd’hui la constitution de lésions centrales irréversibles par la seule action de la cocaïne sur les neurones.

Dépendance et tolérance :

Si l’existence d’une tolérance à la cocaïne n’est pas établie l’usage de la drogue donne lieu à une dépendance psychique majeure ainsi qu’à une dépendance physique d’intensité moindre.

Lors de l’arrêt de la consommation de cocaïne ou lors d’une simple réduction de l’utilisation de la drogue, des signes de sevrage apparaîtront en quelques heures, et vont aller s’accroissant pendant douze à quatre vingt seize heures. Ils s’accompagnent d’une humeur dysphorique, de troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie), de boulimie, d’agitation ou de ralentissement psychomoteur et d’une fatigue intense.

La cocaïne ne donne pas lieu à des manifestations de sevrage physiques importantes.

Spécificité de la consommation de la cocaïne :

Les consommateurs de cocaïne se distinguent des consommateurs d’héroïne.

C’est une consommation qui implique plutôt l’irrégularité et les hautes fréquences :

  • une prise nasale selon un rythme d’une fois par heure ou davantage, une injection répétée vingt fois en une journée.

Cette consommation peut faire alterner épisodes d’usage intensif, voire frénétique, et épisodes beaucoup plus calmes.

Les prix et les quantités :

Le prix moyen pour un gramme est d’environ 70€.

  • Le Crack

Le « Caillou  » est un produit obtenu à partir d’un mélange de bicarbonate de soude d’ammoniaque et chlorhydrate de cocaïne et qui aboutit à ce que l’on appelle « Crack  » aux États Unis. L’opération a pour objectif de transformer le chlorhydrate de cocaïne en un produit à fumer.

« Le Caillou, c’est de la cocaïne pure qu’on mélange avec de l’eau et du bicarbonate dans une grande cuiller ou une louche qu’on chauffe avec un briquet jusqu’au moment ou le tout se rassemble à la surface et où la poudre se transforme en petits grains qu’on retire à l’aide d’une allumette et qu’on dépose dans un mouchoir. On laisse sécher les grains qui ressemblent à des cristaux blancs vitreux ».

La cocaïne, sous forme de « base » au sens chimique du terme, ne se détruit pas lors de sa combustion. La fumée peut donc être inhalée et les effets de la cocaïne se trouvent démultipliés du fait que la drogue passe directement, et donc rapidement, dans le sang artériel.

Les consommateurs de Crack :

Aux États Unis, le Crack est apparu au début des années 1980.

A Paris, nous avons constaté son apparition au début de l’année 1989.

Il est vendu sous forme de « galettes » ou « demi-galettes ».

En une nuit, une même personne peut consommer une dizaine de « galettes ».

Les effets surviennent en cinq ou dix secondes et durent environ cinq à dix minutes, ce qui contraint l’usager à réitérer très fréquemment l’administration.

Les hommes sont en nette majorité. Les femmes, le plus souvent, s’adonnent à la prostitution. Il suffit d’un mois environ pour voir ces sujets passer de l’expérimentation à une dépendance avérée avec toutes ses conséquences : amaigrissement, pâleur, épuisement, état de confusion. Il n’est pas exceptionnel de rencontrer des sujets, surtout les prostituées, n’ayant pas dormi un instant pendant des périodes de trois à quatre journées.

Les toxicomanes qui utilisent différents produits (méthadone, Subutex) pour se stabiliser et éviter le manque, consomment le Crack pour le flash.

L’usage régulier du crack peut provoquer :

  • des dommages rapides sur le cerveau
  • de graves altérations des voies respiratoires
  • des arrêts respiratoires et/ou cardiaques pouvant entraîner la mort

Sa consommation régulière crée rapidement une forte dépendance psychique et une neurotoxicité très importante. Les usagers, même après avoir cessé d’en consommer, restent souvent soumis à des altérations de l’humeur et connaissent pendant plusieurs mois des épisodes de rechute éventuels.

  • Le cannabis

C’est à l’heure actuelle la drogue la plus répandue avec l’alcool et le tabac.

LA PLANTE

Cultivé sur les pentes de l’Himalaya 3500 ans avant notre ère, le cannabis atteignit au début du deuxième millénaire avant J.-C. les bords du Nil et la Perse où son usage se répandit parmi les populations.

On a pu également établir que le chanvre était cultivé en Chine il y a 5000 ans pour sa fibre textile et qu’il fut utilisé plus tard pour ses vertus sédatives et médicinales.

Aujourd’hui, le cannabis pousse dans le monde entier.

Le Cannabis présente cette particularité de s’enrichir en produits psychoactifs aux dépens de la longueur et de la qualité de la fibre textile.

Au fil des ans, sous le soleil, ce chanvre textile s’enrichit en résine et sa fibre devient impropre à la fabrication des cordages. Il peut contenir alors de 5 à 10% de principes actifs (THC).

Ce sont les romains qui donnèrent au chanvre le nom de cannabis. Il existait à cette époque de nombreuses cultures de chanvre sur tout le pourtour méditerranéen : les cannebières.

Vers 1530, RABELAIS fait la description d’une herbe aux qualités très évocatrices de celles du cannabis, dans le « Pantagruelion ».

George WASHINGTON note dans son journal des 12 et 13 mai 1765 qu’il a semé du chanvre. Le 7 août il écrit laconiquement, « Commencé à séparer le chanvre mâle du femelle… un peu trop tard ».

En 1798, Napoléon Bonaparte lors de sa campagne d’Égypte et devant l’utilisation massive par ses troupes du haschich, dût interdire ce dernier, fumé ou bu. Les soldats en rapportèrent cependant l’usage à Paris.

En 1845, le Dr MOREAU DE TOURS publia son traité:  » Du haschich et de l’aliénation mentale « , dans lequel il se fait le spécialiste de son usage dans le traitement des affections mentales.

Médecin à Bicêtre, il connaissait le haschich depuis 1837 et en faisait usage lui-même pour tenter de comprendre les mécanismes de la folie.

C’est l’époque du célèbre « club des Haschichins » créé par Théophile GAUTIER.

Il comptera parmi ses membres, DELACROIX, Gérard de NERVAL, BAUDELAIRE, FLAUBERT, DUMAS… qui se réunissaient dans l’île Saint-Louis, chez le peintre BOISSARD DE BOISDENIER pour y consommer le  » Dawamesk « , confiture verte au chanvre indien.

C’est en 1910 qu’intervint la première interdiction du cannabis.

L’usage toxicomaniaque ne parvint en Europe occidentale que vers 1950.

Il fallut attendre 1965 pour qu’un chercheur israélien, isolât le delta 9 tetrahydrocannabinol, (THC) principal alcaloïde responsable des effets psychiques de la drogue.

Les particularités du cannabis.

L’herbe, mélange des sommités desséchées et des graines, est la préparation de base, la moins riche en THC.

Le haschich et ses équivalents est constitué de résine séchée et compressée, commercialisés sous forme de « barrettes  »

Le produit est souvent coupé de henné (lorsqu’il y en a beaucoup, comme dans le haschich provenant du Liban, la drogue devient rougeâtre et cassante)

Le cannabis est donc utilisé sous trois formes :

1/ sous la forme de feuilles séchées, appellation commune : l’herbe ou la marijuana

2/ sous forme de résine, appellation commune : le haschich

3/ sous forme d’huile, produit extrêmement dangereux puisque sa teneur en THC peut aller à 70%, et assimilée alors à une drogue dure pour la puissance de ses effets (hallucinogènes essentiellement).

Sous ces différentes formes, il peut être fumé ou ingéré.

  • L’ECSTASY

Les usagers, notamment les jeunes, présentent souvent L’Ecstasy comme une bonne drogue à la différence des  » drogues dures « . Ils banalisent les risques. Plus généralement, ils les ignorent.

Le produit et ses effets :

Sur le plan chimique, cette drogue est une amphétamine, le MDMA (méthylène dioxy-méthamphétamine).

Elle se présente sous forme de comprimés ou de gélules. Selon la nature et la proportion des composants l’Ecstasy s’appelle : pill’s, colombe, trèfle.

La composition d’un comprimé présenté comme étant de l’ecstasy est souvent incertaine ; la molécule MDMA n’est pas toujours présente et peut être mélangée à d’autres substances : amphétamines, analgésiques (substances qui atténuent ou suppriment la douleur), hallucinogènes, anabolisants.

L’ecstasy peut également être coupé avec de la caféine, de l’amidon, des détergents, du savon… !

Le MDMA a été découvert en 1914 par un allemand, il servait à l’époque de coupe-faim.

LE MDMA n’est pas hallucinogène à faible dose et il ne désorganise pas les processus de pensée.

Contrairement au LSD qui altère toutes les fonctions cérébrales, le MDMA sélectionnerait certaines fonctions psychiques et amplifierait la capacité d’empathie et l’aptitude à la sérénité.

Certains professionnels l’ont proposé ( il en fut de même pour le LSD ) comme instrument facilitant l’élaboration psychothérapique. C’est à cette époque que le MDMA fut baptisé Adam ou Ecstasy. I1 recevra ultérieurement bien d’autres qualificatifs.

Sur le plan psychopathologique, une symptomatologie anxieuse et une insomnie rebelle peuvent s’observer pendant un ou plusieurs jours. Des phénomènes d’illusions, voire d’hallucinations visuelles ou auditives (avec des doses supérieures à 200 mg de MDMA) ont été décrits.

Les usagers d’ecstasy recherchent la sensation d’énergie, de performance et la suppression de leurs inhibitions (les blocages, les défenses et les interdictions tombent). À l’effet de plaisir et d’excitation s’ajoute une sensation de liberté dans les relations avec les autres.

L’ecstasy provoque tout d’abord une légère anxiété, une augmentation de la tension artérielle, une accélération du rythme cardiaque et la contraction des muscles de la mâchoire ; la peau devient moite, la bouche sèche. Suit une légère euphorie, une sensation de bien-être et de plaisir. Elle s’accompagne d’une relaxation, d’une exacerbation des sens et d’une impression de comprendre et d’accepter les autres.

Toxicité et mortalité :

Dans les cas les plus graves, la mort est la conséquence d’une hyperthermie sévère associée à une coagulation intravasculaire disséminée.

Il arrive que l’usager ressente, trois ou quatre jours après la prise, des passages à vide qui peuvent provoquer des états d’anxiété ou de dépression nécessitant une consultation médicale.

Une consommation régulière et fréquente amène certains à maigrir et à s’affaiblir ; l’humeur devient instable, entraînant parfois des comportements agressifs. Cette consommation peut révéler ou entraîner des troubles psychiques sévères et durables.

Les risques de complication semblent augmenter avec la dose « gobée », la composition du produit et la vulnérabilité de l’usager. Les personnes qui suivent un traitement médical s’exposent à des effets dangereux, à cause des interactions médicamenteuses qui risquent de se produire, notamment avec l’aspirine, certains médicaments anti-VIH et certains antidépresseurs.

La consommation d’ecstasy est particulièrement dangereuse pour les personnes qui souffrent de troubles du rythme cardiaque, d’asthme, d’épilepsie, de problèmes rénaux, de diabète, d’asthénie (fatigue) et de problèmes psychologiques.

Les travaux scientifiques établissent une possible dégénérescence des cellules nerveuses dont on ne sait pas si elle est réversible et qui peut entraîner à terme des maladies dégénératives ou des troubles responsables d’une dépression.

  • Le L.S.D.25

Le diéthylamide de l’acide lysergique, appelé L.S.D.25 est le plus connu des hallucinogènes utilisés dans le monde occidental.

Ses propriétés furent découvertes par hasard vers la fin de la première moitié de notre siècle.

Il est dérivé de certains alcaloïdes de l’ergot de seigle, champignon parasite des céréales.

Les propriétés médicinales de ce dernier semblent avoir été connues dans les temps éloignés.

Il paraît avoir été utilisé en Chine ancienne et dans la civilisation aztèque précolombienne, 2 à 3 000 ans avant J.-C.

Les premières épidémies d’ergotisme éclatèrent à Paris en 945 sous le nom de  » peste de feu « . D’autres, en période de famine prirent le nom de « feu sacré » ou « feu de St Antoine ».

Voir l’histoire du médecin de GIGA : son père médecin dans les années 50 en Provence avait décelé une épidémie d’ergotisme et avait dû faire appel aux autorités sanitaires et à l’armée pour mettre en quarantaine la population d’un petit village dont certains habitants présentaient des signes d’hallucinations graves, certains en étaient morts.

Un des signes de ce mal consistait en la gangrène des extrémités entraînant le dessèchement et la chute des membres.

En fait le pain de seigle préparé avec des grains ergotés en était responsable.

Ce dernier exerçait ses ravages en période de disette parce que, pendant ces temps difficiles, on ne séparait pas le seigle de l’ergot pour des raisons d’économie.

En 1934 on isole l’acide lysergique, noyau commun à tous les alcaloïdes de l’ergot.

A partir de 1918, deux chercheurs qui avaient préparé une série de corps de synthèse, fabriquent la 25e d’une série de 27 molécules synthétisées : le Lysergic Diethylamid Saure (dénomination allemande).

L’acide fut au centre de la grande vague psychédélique des années 60 aux U.S.A. et plus tard en Europe, de 1967 à 1974.

La consommation orale du L.S.D. prit au fil du temps divers aspects de présentation : de la goutte de L.S.D. déposée sur un simple morceau de sucre ou sur un buvard, aux » pills  » et aux cristaux.

Aujourd’hui :

Il se présente sous la forme d’un buvard, d’une « micropointe » (ressemblant à un bout de mine de crayon) ou sous forme liquide.

Un « trip » contient entre 50 et 400 micro-grammes, de LSD.

Le LSD est un hallucinogène puissant. Il entraîne des modifications sensorielles intenses, provoque des hallucinations, des fous rires incontrôlables, des délires. Ces effets, mentalement très puissants, sont très variables suivant les individus.

Un « trip » dure entre cinq et douze heures, parfois plus longtemps.

La redescente peut être très désagréable ; l’usager peut se retrouver dans un état confusionnel pouvant s’accompagner d’angoisses, de crises de panique, de paranoïa, de phobies, de bouffées délirantes.

L’usage de LSD peut générer des accidents psychiatriques graves et durables.

  • Les amphétamines ou speed

Les amphétamines (speed ou ice ou cristal) sont des psychostimulants puissants et coupe-faim.

Elles se présentent sous forme de cachets à gober ou de poudre à sniffer. Elles sont très souvent coupées avec d’autres produits.

L’association avec de l’alcool ou d’autres substances psychoactives comme l’ecstasy (MDMA) accroît les risques.

Stimulants physiques, elles donnent la sensation de supprimer la fatigue et l’illusion d’être invincible. Les effets durent plusieurs heures.

Leur consommation peut entraîner une altération de l’état général par la dénutrition et par l’éveil prolongé conduisant à un état d’épuisement, une grande nervosité et, parfois, des troubles psychiques (psychose, paranoïa).

On peut assister à l’apparition de problèmes cutanés importants (boutons, acné majeure).

La descente peut être difficile, provoquer une crispation des mâchoires, des crises de tétanie, des crises d’angoisse, un état dépressif, et comporter des risques suicidaires.

Ces produits s’avèrent très dangereux en cas de dépression, de problèmes cardio-vasculaires et d’épilepsie.

  • Les poppers

Les poppers sont des vasodilatateurs utilisés en médecine pour soigner certaines maladies cardiaques.

Sniffés à des fins non médicales, leurs effets sont quasiment immédiats : brève bouffée vertigineuse et stimulante.

L’usager ressent une sensation de vive chaleur interne et sa sensualité est exacerbée.

Cet effet dure à peu près deux minutes.

La consommation fait apparaître des plaques de rougeur sur la peau, provoque des vertiges, des maux de tête qui peuvent être violents mais de courte durée et augmente la pression interne de l’œil. À forte dose, les poppers peuvent créer une dépression respiratoire, endommager les cloisons nasales.

Une consommation régulière entraîne des anémies graves (fatigue due à la baisse de la capacité des globules rouges à fixer l’oxygène), des problèmes passagers d’érection, des rougeurs et des gonflements du visage, des croûtes jaunâtres autour du nez et des lèvres.

Concentrés, ils provoquent des vertiges violents, voire des malaises.

Les poppers contenant des nitrites de butyle et de pentyle sont interdits au public depuis 1980.

  • Le GAMMA OH ou le GHB

Le Gamma OH est connu sous de nombreuses appellations dont les plus courantes sont « GBH » (Grievous Bodily Harm), « GHB », Liquid Ecstasy, Fantasy…

Il est vendu en poudre ou en granulés à dissoudre dans l’eau.

Il est utilisé en anesthésie et plus particulièrement en obstétrique. Il est utilisé à des fins non médicales ou abusivement depuis une dizaine d’années.

Son utilisation est devenue festive et parfois criminelle, d’où son nom de « date rape drug » (drogue du viol), en raison des propriétés de la molécule : amnésie, état semblable à l’ébriété, délais d’action très courts.

Des cas de coma ont été observés notamment lors d’une absorption simultanée d’alcool.

  • Kétamine ou Spécial K

La kétamine présente des effets hallucinogènes et elle possède des propriétés anesthésiques et analgésiques.

Vendue sous forme de comprimés sous le label « ecstasy », elle est souvent associée à des substances ou à des médicaments tels que l’éphédrine ou la sélégifine au Royaume-Uni.

Connue sous les appellations Ket, Ketty…, elle est « sniffée » en ligne pour ses effets hallucinogènes dans les « rave parties ».

Elle est notamment très souvent utilisée dans les expériences de « voyages aux confins de la mort » (near death expérience), sous le nom de « Vitamine K » ou de « Special K ».

L’utilisation illicite de la kétamine est dangereuse en raison des effets entraînés tels que :

  • perte de connaissance accompagnée de vomissements et risque d’asphyxie par invasion pulmonaire des vomissements ;
  • troubles d’ordre psychique (anxiété, attaques de panique), neurologiques (paralysies temporaires) ;
  • digestifs (nausées, vomissements).

En cas de surdosage, il y a risque d’arrêt respiratoire et défaillance cardiaque.

Il n’existe en France que des spécialités injectables à usage humain, pratiquées à l’hôpital ou à usage vétérinaire.

  • Le protoxyde d’azote ou gaz hilarant

Le protoxyde d’azote est un gaz conditionné, liquéfié sous sa propre pression, dans des bouteilles métalliques. Ces usages sont variés, par exemple comme gaz de pressurisation, d’aérosols alimentaires, ou comme anesthésique en chirurgie et ceci exclusivement mélangé à de l’oxygène. Le protoxyde d’azote fait l’objet d’usages détournés, sous l’appellation « Proto » dans les soirées et les manifestations festives. Il est inhalé sous forme de ballons, vendus à un prix modique.

Il entraîne des modifications de la conscience, euphorie, distorsions visuelles et auditives, effets sédatifs, également vertiges, angoisse, agitation, manifestations digestives (nausées, vomissements). Il peut présenter des risques, immédiats ou à long terme, pour la santé.

Risques immédiats : les effets très rapides et fugaces peuvent inciter à consommer plusieurs ballons à la suite, exposant l’usager à des risques d’asphyxie par manque d’oxygène (surtout si le gaz est pur) ou par invasion pulmonaire des vomissements.

Les risques sont accrus lorsque le protoxyde d’azote est utilisé en association avec d’autres produits (alcool, cannabis, ecstasy…).

Risques à long terme : l’utilisation chronique (utilisation journalière, par exemple) peut entraîner des troubles neurologiques (tremblements, coordination des mouvements) liés à une carence en vitamine B12.

Elle peut provoquer des chutes avec parfois des traumatismes. Il faut éviter de conduire un véhicule. De plus, avec le protoxyde d’azote, la proximité de fumeurs, risque d’initier des réactions chimiques explosives.

  • Peyotl et mescaline

L’origine divine du PEYOTL se confond avec le début des civilisations précolombiennes.

Ses propriétés hallucinogènes viennent d’un petit cactus des régions semi désertiques du nord du Mexique.

Il est consommé mâché ou en décoction.

L’usage du peyotl se répandit au siècle dernier dans les tribus indiennes des Etats-Unis.

La MESCALINE (du nom des Indiens Apaches Mescaleros) est le principal alcaloïde du peyotl.

Antonin ARTAUD dans ses écrits évoque son expérience de la mescaline. Plus recherchée que le L.S.D. pour la qualité des hallucinations visuelles qu’elle engendre, on trouve la mescaline synthétique sous forme de comprimés sur le marché illégal.

  • Les champignons hallucinogènes

L’utilisation des champignons sacrés remonte elle aussi bien avant notre ère. Les psilocybes possèdent des propriétés hallucinogènes dont l’activité est estimée 50 fois plus puissante que celle de la mescaline mais 100 fois moins que celle du L.S.D.25.

La FAUSSE ORONGE est connue en Europe depuis des siècles et les intoxications inévitables qui se sont produites étaient caractérisées par un délire hallucinatoire.

L’amanite tue-mouches en fait partie.

La croyance populaire du Moyen Age attribuait la cause de la folie à la pénétration d’insectes dans la boite crânienne d’où le qualificatif de  » tue-mouches  » dont on peut retrouver le sens dans des expressions comme  » avoir une araignée au plafond  » ou  » prendre la mouche « .

Les champignons hallucinogènes sont inscrits depuis 1966 au tableau 8 des substances vénéneuses.

Il est à noter que la convention internationale sur les psychotropes de 1971 n’a visé que les principes actifs sans concerner les végétaux eux-mêmes.