Les achats compulsifs

La frénésie incontrôlable d’achats est une pathologie en augmentation (1,1% de la population générale), qui touche principalement les femmes (80 à 92% des acheteurs compulsifs).

Les acheteuses compulsives sont le plus souvent âgées de 30 à 40 ans, ont un bon niveau professionnel, scolaire ou universitaire.

Les objets achetés sont variables :

  • Chez les femmes: Vêtements (96%), chaussures (75%), bijoux (41,7%), maquillage (33%), produits de la maison (12%)
  • Chez les hommes: Antiquités (25%), disques (20%), voitures (16%), objets électroniques (15%)

Ces sujets sont comme « possédés par une envie irrépressible d’acheter, qui s’apparente à un besoin de drogue ou d’alcool »

L’achat suscite une impression d’euphorie, comme dans une nouvelle addiction. A chaque nouvel achat, le sujet se promet de ne plus recommencer…pour passer outre le lendemain. Il met en jeu l’équilibre familial et les objets accumulés ne répondent pas à un besoin…

Le contexte social

  • Les tentations sont permanentes : « Nous vivons dans une société où l’impulsivité du consommateur est sollicitée par tous les moyens »
  • L’identité : dans notre société moderne, les choses sont moins achetées pour leur utilité, elles ont une valeur émotive et symbolique.
  • L’invisibilité : la carte de crédit est le moyen de paiement privilégié (dématérialisé et moins culpabilisateur)
  • La valorisation : la logique de la consommation est de rendre périmé le plus rapidement possible ce qui a été acheté. Le consommateur est voué a une continuelle insatisfaction.
  • Les achats imprévus ou compulsifs tiennent une large place dans la consommation moderne, entre 25% et 65% selon les chiffres du Credoc

L’endettement est l’une des conséquences de cette dépendance (83% des acheteurs compulsifs)

Dépression et trouble de la personnalité

Lorsqu’ils perçoivent les premières conséquences négatives des achats excessifs, les sujets sont confrontés au problème du contrôle de leur impulsion, ce qu’ils ne parviennent pas à réaliser. Le surendettement peut les pousser à chercher du secours et à consulter.

La compulsion des achats est présente chez 32% des dépressifs, qui accusent des sentiments d’infériorité et cherchent une compensation à une existence qu’ils voient comme médiocre.

Les troubles de la personnalité sont présents, avec un type « proche de la personnalité borderline, qui est caractérisée par une impulsivité marquée, des émotions excessives, une instabilité des relations interpersonnelle, de l’image de soi et des affects » (J. Cottraux)

L’acheteur pathologique recherche l’émotion positive pour compenser une émotion négative, une frustration qu’il ne sait canaliser

« Les personnes qui souffrent d’achats compulsifs présentent des scores plus élevés en recherche de sensations et en impulsivité que les autres dépressifs »

Les thérapies

L’achat compulsif est fréquemment corrélé à d’autres troubles : obsessions-compulsions, formes variées de dépendances, troubles de l’humeur.

Très proche de l’addiction, cette pathologie peut être prise en charge par une thérapie d’inspiration psychanalytique complétée d’un travail sur le comportement. Un spécialiste des addictions semble le mieux adapté.

Le thérapeute travaille sur la dépression. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont parfois utilisés, pour obtenir un effet sur la dépression, sur l’impulsivité et sur la compulsivité.

Il existe aussi des groupes de soutien, du type alcooliques anonymes.

Si vous vous sentez concerné(e), n’hésitez pas à consulter.

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