L’adolescence par Pascal Couderc (3)

III. L’ADOLESCENT ET SA FAMILLE

” Grandir c’est prendre la place de quelqu’un “.

Il s’agit en soi d’un acte agressif.

Au sein de la famille, lors de l’enfance, plus les parents et l’enfant sont proches, moins il y a de tensions.

A l’inverse, lors de l’adolescence, plus les parents et les adolescents sont proches physiquement et plus il y a risques de tensions.

Ce renversement est tout à fait fondamental à l’adolescence.

Cela signifie que les relations familiales doivent être remaniées (elles le sont de fait).

L’extrême complexité pour l’adolescent vient du fait qu’il a en ses parents un modèle d’identification et qu’il doit se séparer de ces mêmes parents.

N’oublions pas que les parents, eux-mêmes, peuvent avoir des difficultés, se sentir abandonnés, en rivalité, vulnérables.

Ces différents ” mouvements ” rendent le dialogue parents/adolescent difficile, mais il est nécessaire.

Alors les parents doivent d’abord accepter d’être la cible privilégiée de l’agressivité de l’adolescent. Ils doivent pouvoir la recevoir sans se sentir détruits, déprimés.

Ils doivent s’accrocher à leur fonction et éviter de se dérober sans rester indifférents (tout en continuant à interdire).

Mais il ne s’agit pas que d’interdire, il faut aussi rester un refuge.

Alors, il faut que les parents maintiennent un dialogue, ce n’est ni facile, ni satisfaisant. Si ce dialogue n’existe pas, son absence peut être interprétée comme un abandon ou de l’indifférence.

Le reste de la famille

Dans la famille, outre les parents, d’autres membres peuvent revêtir une importance capitale. Ce sont souvent des recours dans les situations de crises (citons les frères et sœurs, oncles et tantes, les grands-parents).

Les grands-parents sont par ailleurs les porteurs de l’histoire familiale.

IV. LA SCOLARITE

Signalons tout d’abord que la période de scolarité s’allonge de plus en plus.

L’entrée en 6ème marque indubitablement un changement radical et correspond souvent aux premiers signes pubertaires.

La scolarité est au centre des préoccupations des parents bien sùr mais surtout des adolescents. Juste après les relations avec les amis.

Dans le développement, les activités ludiques et la passivité face à l’apprentissage doivent laisser la place à l’investissement du travail scolaire et à ses satisfactions. La persistance d’activités ludiques peut se faire au détriment de la scolarité.

Pour que la scolarité se déroule de façon satisfaisante, il est nécessaire que la famille s’intéresse à l’école, aux professeurs, aux matières étudiées. Rencontrer les enseignants est indispensable, autant pour l’adolescent que pour la façon dont l’enseignant va le percevoir.

Ensuite, la scolarité n’est pas qu’une affaire de collège ou de lycée, ce qui se passe à la maison est tout aussi important, ce qui s’y passe tant au niveau affectif qu’au niveau du travail personnel.

Les difficultés scolaires

Elles sont soit nouvelles, soit la suite de celles de l’enfance.

A l’adolescence :

· Elles peuvent être soit transitoires et momentanées, il n’est pas alors nécessaire d’intervenir, si ce n’est par une vigilance accrue ;

· Si elles durent (plus de trois mois), il faut s’interroger sur leur origine ;

· Il peut s’agir de l’investissement d’autres activités (relation amoureuse, sport, etc.) ou de difficultés affectives, familiales.

Il est recommandé de consulter quand le risque de rupture existe. Le schéma absentéisme/fugue/troubles du comportement est malheureusement classique. Une consultation spécialisée permet au moins d’écarter le risque d’un trouble pathologique ou, s’il est avéré, de le traiter.

A suivre…

Pascal Couderc Psychanalyste, psychologue clinicien à Montpellier et sur Skype

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