Les traitements de la dépression

Le traitement de la dépression se fonde sur l’association de thérapeutiques biologiques et de stratégies psychothérapeutiques, d’où l’appellation de traitements bidimensionnels ou combinés.

Chaque expérience dépressive est unique, aussi convient-il de déterminer les stratégies en fonction de chaque cas. Il n’est pas toujours possible, ni souhaitable, de commencer un traitement en ambulatoire (hôpital). Lorsqu’une hospitalisation se justifie, les raisons en sont soulignées au patient et à sa famille afin de s’assurer leur collaboration, garante d’une bonne prise en charge.

Traitements biologiques

Anti-dépresseurs

Ils sont toujours justifiés en cas de dépression avérée. Si tous les antidépresseurs ont par définition, une action sur l’humeur dépressive, leurs mécanismes d’action et leurs effets secondaires varient selon leur nature chimique.

On distingue : les tricycliques classiques dont l’efficacité est incontestable, les IMAO (inhibiteurs de la monoamine oxydase) également efficaces mais dont l’emploi nécessite des précautions et notamment un régime alimentaire particulier, les nouveaux anti-dépresseurs dits de ” seconde génération “, mis au point afin d’améliorer efficacité et tolérance par le patient.

Le délai d’action des antidépresseurs varie de quinze jours à trois semaines environ. Si le traitement s’avère efficace, l’amélioration se manifeste dès la fin du premier mois.

Traitements complémentaires

En début de traitement, il est toujours préférable de se limiter à un seul médicament, mais il arrive que l’anti-dépresseur ne suffise pas à atténuer une anxiété ou une insomnie, ce qui nécessite la prescription de tranquillisants et d’hypnotiques ; dès que le patient constate une amélioration, ces traitements complémentaires doivent être rapidement réduits, puis arrêtés.

Les électrochocs ou sismothérapie

Très décriée de nos jours, la thérapie électro-convulsive (production artificielle d’une crise d’epilepsie) reste cependant le traitement le plus prescrit pour les dépressions mélancoliques et permet d’obtenir 85 à 90 % de “succès”, contre 70 % avec les anti-dépresseurs.

Traitements psychologiques

Psychothérapies d’inspiration psychanalytique

Elles se fondent sur l’idée que le comportement du déprimé est entretenu par des scénarios inconscients et que la prise de conscience de ces mécanismes réduit le poids de leur action. Il est conseillé d’adjoindre à ce type de psychothérapies un traitement biologique, car il permet ainsi de lever les résistances induites par le système dépressif et redonne au patient la possibilité de poursuivre efficacement sa cure.

S’il est illusoire de vouloir commencer une psychothérapie dans les cas graves de dépression, la seule prescription de médicaments durant cette période est insuffisante : un soutien psychologique est toujours nécessaire. Il faut, en effet, aider le patient à identifier les événements qui ont pu intervenir dans le déclenchement de l’accès dépressif (deuil, déception, blessure narcissique…).

Il faut en premier lieu qu’il prenne conscience que son état exprime l’existence d’une maladie : la dépression. Il doit également savoir que ses efforts personnels ne peuvent être que limités, que toute décision importante engageant l’avenir doit être différée et que, en règle générale, ce n’est pas en modifiant brusquement ses conditions de vie qu’il parviendra à surmonter ses difficultés : la guérison demande un certain temps.

Il doit apprendre à tolérer la prise d’un médicament malgré ses effets secondaires parfois gênants et sa valeur symbolique généralement négative. Guérir d’une dépression, ce n’est ni annuler ni masquer la souffrance ou les difficultés de l’existence, c’est retrouver l’énergie pour y faire face.

Psychothérapies cognitives

Les déprimés possèdent un style cognitif particulier, dont certains auteurs jugent le rôle fondamental : à leurs yeux, ce style cognitif dépressiogène préexisterait à la dépression et constituerait un facteur de risque majeur. Il s’exprime nous l’avons vu dans les contenus de pensée négatifs, sans cesse renforcés par les erreurs que comment le patient dans l’interprétation des faits (distorsions cognitives).

  • la thérapie ” rationnelle émotive ” qui se propose d’apprendre au patient à rectifier ses jugements irrationnels. Il s’agit de repérer derrière tout jugement négatif émis l’a priori sur lequel il se fonde.
  • la thérapie cognitivo-comportementale qui consiste, pour le thérapeute, à souligner l’efficacité des actions du patient (que celui-ci à tendance à nier ou juger insuffisantes) en dressant avec lui un bilan de ce qu’il a réalisé de positif durant la semaine écoulée, rétablissant ainsi une évaluation plus exacte de ses propres capacités.

L’intérêt de ces traitements apparaît surtout dans les formes mineures, où le patient est capable de coopérer avec le thérapeute, et dans certaines formes chroniques, peu accessibles aux traitements biologiques et entretenues, à l’évidence, par un système de pensée dépressiogène. Dans les formes sévères, une telle coopération est rendue difficile par l’intensité des critiques que le patient s’adresse et la disqualification systématique de ses actions.

CONCLUSION

Le passage à la chronicité est l’un des risques majeurs de la maladie dépressive, il est donc essentiel de ne pas attendre pour consulter les professionnels concernés (thérapeute/psychiatre) car il ne fait aucun doute que ce retard constitue un élément de résistance au traitement et nuit grandement à son efficacité.

L’existence des formes chroniques ne doit cependant pas faire oublier que le plus grand nombre des déprimés guérissent. La guérison d’un état dépressif ne se résume pas à la disparition des symptômes : elle implique que le patient ait pu harmonieusement intégrer cet épisode à son histoire, qu’il en ait saisi le sens ou du moins qu’il ait compris ce qu’était une dépression et comment y réagir et que, averti des possibilités de rechute, il puisse la reconnaître et la traiter au plus vite.

Dans tous les cas, n’attendez pas pour consulter.

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