L’angoisse de castration

Il s’agit d’une angoisse, étroitement liée à la résolution de l’Œdipe et qui apparaît au cours du troisième stade, dit aussi ” stade phallique ” (3-5 ans), de l’évolution de l’enfant.

Le mythe de “l’innocence de l’enfant “, accepté depuis longtemps, fut bouleversée par la théorie psychanalytique et notamment grâce aux écrits de Sigmund Freud qui décrivit le développement sexuel de l’enfant, comme passant par différents stades appelés encore stades libidinaux.

Il faut noter que, la succession des stades n’est pas limitée et fixée dans le temps. Elle peut être faite dans des périodes, plus ou moins longues, suivant les enfants. Le premier stade est dit oral, le second anal ou sadique-anal, le troisième phallique, le quatrième dit phase de latence et le cinquième enfin, dit stade génital.

Vers 3/4 ans l’enfant met en place une manipulation des organes génitaux. Il fait la découverte de son sexe. Il commence par découvrir le plaisir cutané qu’il obtient grâce aux attouchements : c’est la période de la masturbation infantile directe ou indirecte, obtenue en se frottant les cuisses par exemple.

Le petit garçon remarque à cet âge l’absence de pénis chez sa mère. Il commence d’abord par nier l’évidence et puis lorsqu’il accepte cette idée, il a peur de perdre le sien : c’est l'”angoisse de castration”.

Cette angoisse est d’autant plus grande que ses parents ne manquent pas de lui interdire de manipuler sa verge, ou du moins de l’en dissuader. L’enfant a peur d’une punition qui consisterait à lui couper son pénis.

La petite fille, elle, n’a pas peur de perdre son sexe mais elle est jalouse. Elle aurait aimé avoir un pénis : c’est l'”envie du pénis”. Elle cherche auprès de son père à l’acquérir ou du moins à obtenir ce qu’elle ressent comme un équivalent : un enfant.

Chez la petite fille, les problèmes sont beaucoup plus compliqués. A cet âge, l’enfant (garçon ou fille) ne connaît qu’un seul organe génital : le pénis. Le vagin n’est en effet découvert qu’aux approches de la puberté. La différence des sexes ne peut être perçue que par rapport au pénis : peur de le perdre chez le garçon, désir de l’acquérir chez la fille.

La petite fille voit, elle, dans le clitoris comme un commencement de pénis, qui va grandir. Chez elle, l’angoisse est donc redoublée : d’une part, l’angoisse de ne pas avoir de pénis : il lui manque un attribut essentiel, elle n’est pas un garçon ; d’autre part, l’angoisse de devoir attendre -jusqu’à quand ?- la compensation inconsciemment escomptée du clitoris grandi.

Cette découverte de la différence des sexes s’accompagne d’une grande curiosité sexuelle et d’un intérêt pour les mystérieuses activités des parents dans leur chambre. Le problème de la fécondation commence à se poser : comment les enfants viennent-ils au monde ? L’enfant imagine les rapports sexuels de ses parents comme une activité agressive, sadique, dans un rapport de dominé-dominant : c’est le “fantasme de la scène primitive”.

Parallèlement à ces découvertes, l’enfant se rend compte de la relation triangulaire qui existe entre lui et ses deux parents. Le jeune enfant s’aperçoit que la mère éprouve un sentiment tendre envers le père et que lui-même n’est pas le seul objet de préoccupation de sa mère. Cette découverte marque l’entrée dans le “complexe d’Œdipe”.

L’agressivité, la jalousie marquent les rapports du garçon avec son père. Sa préoccupation principale est de devenir l’unique objet du désir de la mère. Le père est un rival plus ou moins dangereux qui occupe la place convoitée dans le lit maternel. Une sorte de rivalité s’instaure entre le petit garçon et son père. C’est celui des deux qui sera le plus fort, le plus grand, le plus rapide à la course, etc. Cette compétition représente un déplacement inconscient de la rivalité sexuelle : lequel des deux a le pénis le plus intéressant pour la mère. L’enfant cherche en même temps à être comme son père et à l’écarter. Il éprouve la crainte que son père ne le punisse et ne lui supprime son pénis.

Ces sentiments ambivalents sont donc doublés d’une angoisse de castration. Cette angoisse peut être telle qu’elle bloque tout désir de compétition et que s’installe alors une sorte de soumission passive au père.

Puis l’admiration prend le relais.

La relation du complexe de castration avec l’Œdipe est complète : il ouvre l’Œdipe à la fille qui commence à désirer le pénis paternel ; il clôt l’Œdipe du garçon en venant arrêter le désir vers la mère puisqu’il serait puni par le père.

Ces deux notions jouent un rôle fondamental dans la structuration de la personnalité et dans l’orientation du désir humain. Les psychanalystes en font l’axe de référence majeur de la psychopathologie.

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