Le pervers narcissique

« Dans la terminologie de « pervers narcissique », nous retrouvons deux pathologies qui se sont « associées » : celle de perversion et celle de narcissisme (dans sa définition morbide). Ce concept est relativement nouveau et nous pensons que son développement est lié à de nombreux facteurs sociaux, psychosociaux et qu’il entre dans le cadre de la sémiologie contemporaine. Alors que la notion de perversion a été élaborée à la fin du XIXème siècle pour rendre compte de « déviances » sexuelles, elle est aujourd’hui passée dans le langage commun et nous observons un glissement de la notion vers celle que nous qualifierons de perversion relationnelle. C’est bien dans sa façon d’être en relation à l’Autre, au monde et à lui-même que se manifeste le trouble qui nous intéresse ici. Il est question de modification des tendances affectives.

Si l’on devait, à l’instar du Daninos des Carnets du Major Thompson qui, « ouvrant » un anglais, y découvre « un chat à neuf queues, un imperméable » et nombre d’autres anglaiseries, qu’adviendrait-il, donc, si l’on s’avisait d’observer un pervers narcissique de l’intérieur ? Que trouverait-on ? Eh bien, tout d’abord du vide, beaucoup de vide. C’est justement là que se situe le problème : une absence de substance, de sentiments inscrits, de vécu satisfaisant ; on pourrait presque ajouter : de souvenirs. Le pervers narcissique a-t-il une histoire ? L’histoire de l’individu, c’est ce qui se construit jour après jour, expérience après expérience. Or le pervers narcissique en a sans doute une – nous en avons tous une – mais il n’a pas pu se l’approprier. Elle a glissé sur lui comme la pluie sur l’acier… »

Extrait de “La manipulation affective dans le couple : faire face à un pervers narcissique” de Pascal Couderc et Pascale Chapaux Morelli, chez Albin Michel

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